Tarder à préparer sa relève comporte des risques

La Banque de développement du Canada (BDC) ne cesse de le répéter: les PME canadiennes et québécoises tardent trop à préparer leur relève. Cette lacune présente des risques pour les entrepreneurs et l’économie canadienne.

«Deux données m’inquiètent particulièrement, lance le vice-président et économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), Pierre Cléroux. Les entrepreneurs préparent peu ou mal leur départ et ils cessent d’investir dans leur entreprise beaucoup trop tôt. Cela risque de faire baisser la valeur de leur PME et nuit à la croissance de l’économie.»

Difficile de lui donner tort en regardant les chiffres. Environ quatre entrepreneurs canadiens sur dix qui songent à céder leur entreprise dans les cinq prochaines années n’ont fait aucun effort pour mettre de l’ordre dans leurs états financiers et la plupart ne maximise pas leurs profits en prévision d’une vente.

Par ailleurs, seulement un entrepreneur sur deux songeant à se retirer continue d’investir pour assurer la croissance de l’entreprise. «Ils ne modernisent plus l’entreprise et n’investissent plus en R&D, car ils craignent de prendre des risques, explique M. Cléroux. Ils sont plus en mode de protection du patrimoine en attendant de vendre. Mais c’est un mauvais calcul, car le manque d’investissement diminue la valeur de l’entreprise et la fragilise.»

Vincent Lecorne, directeur général du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), attire l’attention sur une autre conséquence potentiellement dommageable de cette dynamique. «Si l’entrepreneur vieillissant n’investit plus dans l’entreprise et que la relève n’est pas identifiée clairement, il y a un risque de désengagement des employés, prévient-il. Des ressources humaines stratégiques peuvent même quitter la PME, la fragilisant d’autant et la rendant moins attrayante pour un repreneur.»

Mal préparés et trop optimistes

Or, près de six entrepreneurs canadiens sur dix ont au moins cinquante ans et quatre sur dix pensent se départir de leur entreprise au cours des cinq prochaines années, selon le rapport de la BDC. Pour un tiers des entreprises, ce délai est encore plus court : un à trois ans. Dans 83 % des cas, c’est la retraite qui motive le transfert d’entreprise.

La moitié des entrepreneurs vendront à une personne autre qu’un membre de leur famille, un quart compte céder l’entreprise à un proche et un peu plus d’un sur cinq la liquidera tout simplement en vendant les actifs.

Source: lesaffaires.com

Related Post

thumbnail
hover

75M$ pour accélérer l’automatisation et la...

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Laurent Lessard, et la vice-première ministre, ministre ...

thumbnail
hover

Les électrotechnologies au service des manufacturiers

Dans son plus récent numéro (mars-avril 2018),  le magazine Électricité Québec de la Corporation des maîtres électriciens du Québec...

thumbnail
hover

Arseno de Louiseville investit plus de...

Par l’entremise du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, le gouvernement du Québec a accordé réc...