Présence remarquée de FESTO à L’ATX (Philippe Mercure LA PRESSE)

Des robots papillons pour moderniser les usines:

Leur vol ressemble étonnamment à celui des vrais papillons. Leur design est ultra-léger, ils peuvent voler en groupe sans entrer en collision… et les technologies qui ont permis leur développement pourraient avoir des applications industrielles bien réelles. Des papillons bioniques conçus par l’entreprise allemande Festo ont rendu visite à l’équipe de La Presse récemment.

Des papillons bioniques

Leurs yeux sont faits d’une dizaine de caméras infrarouges. Ils sont munis de deux moteurs qui leur permettent de battre des ailes de façon indépendante. Leur squelette est en carbone et leurs ailes sont faites du même plastique mince utilisé pour faire… les sacs d’épicerie. Et oubliez le nectar : les papillons bioniques tirent leur énergie de petites batteries. «  Dans la nature, le papillon est l’animal qui a le meilleur ratio poids-énergie déployée. C’est pour ça qu’on l’a choisi. Pour nous, c’est devenu un triple défi : la miniaturisation des systèmes, l’efficacité énergétique et le déploiement autonome collaboratif », explique Patrice Charlebois, directeur régional de l’est du Canada chez Festo. Un robot papillon pèse à peine 30 grammes.

Un vol coordonné

La grande particularité des papillons bioniques de Festo est que, comme les vrais papillons, ils n’entrent pas en collision les uns avec les autres lorsqu’ils volent en groupe. Ils sont aussi capables de contourner des obstacles. Ils y parviennent parce qu’ils font partie d’un réseau formé de caméras infrarouges qui documentent en temps réel la position de chaque papillon dans les trois dimensions de l’espace. Les papillons ne communiquent pas entre eux. C’est un ordinateur qui joue le rôle de « contrôleur aérien » et qui les avertit des obstacles qui se trouvent autour d’eux.

Des applications en industrie

Festo, une multinationale allemande spécialisée dans les systèmes d’automatisation pour les usines, ne s’amuse pas à faire voler des papillons pour l’aspect poétique de la chose. Ces robots papillons ne seront pas directement utilisés en industrie, mais leur développement a permis de tester des concepts qui, eux, risquent d’avoir des applications bien réelles. Comme les papillons, les robots qui transportent des charges dans les usines ou les entrepôts, par exemple, rencontrent parfois des obstacles inattendus. « Actuellement, les robots transporteurs ont des chemins bien définis. Si un premier robot tombe en panne, celui qui est derrière va s’arrêter et un humain devra intervenir. Ça conduit à une perte de productivité. Un système comme celui des papillons peut détecter qu’il y a un problème et modifier la trajectoire des autres robots automatiquement », explique Patrice Charlebois.

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