L’automatisation menace l’industrie du textile dans le Sud-Est asiatique

Le président de Banque mondiale, Jim Yong Kim a récemment affirmé qu’environ les deux tiers des emplois dans les pays en voie de développement disparaîtront en raison de l’automatisation. En effet, selon un récent rapport de l’Organisation International du Travail sur le secteur du textile et des vêtements en Asie du sud-Est (ANASE), des millions de travailleurs risquent de perdre leur emploi dû à l’automatisation des usines.

Dans un récente lettre d’opinion publiée dans Thedailystar.net au Bengladesh, Mostafiz Uddin, directeur général de Denim Expert Limited, fondateur et PDG de Bangladesh Apparel Exchange mentionne que des millions de travailleurs Bangladeshis verront leurs emplois disparaître au cours des prochaines années. Il cite en exemple Texprocess, un salon international majeur en fabrication de vêtement et le textile qui, en mai 2017 à Francfort, a présenté une Micro Usine Textile Numérique. C’était la démonstration d’une chaîne de production intégrée pour l’habillement; de l’étape de la conception à l’impression numérique, la coupe automatisée et la couture d’un vêtement. Cette micro usine a fourni un bel aperçu de ce que les usines textiles  ressembleront dans quelques années. Elles seront de haute technologie, plus collaboratives, flexibles, personnalisées, avec zéro superflu. Intégrées de la conception à la livraison en magasin.

Environ 40 millions de personnes aux quatre coins du monde travaillent dans le vêtement et la fabrication de textile, sans parler du fait que beaucoup de ces travailleurs sont aussi les soutiens de famille et des millions de ces travailleurs résident dans le Sud-Est asiatique. 

Au Bangladesh,  quatre millions de travailleurs dans l’industrie de vêtement gagnent plus de 82% du revenu global national d’exportation. “Le produit” principal du Bangladesh est la main-d’œuvre. Des individus qui prennent le textile brut et le transforment en vêtements finis chaque jour et en fait, une grande partie de ce travail est concentrée dans la phase finale de production avant l’expédition dans ce qu’on appelle le  “Couper et Coudre”. En fait, le même processus que les manufacturiers occidentaux ont automatisé ces dernières années.

Le Bangladesh n’a pas actuellement la capacité financière ni les ressources pour faire pivoter les quelque quatre millions de personnes dans une nouvelle industrie. Il ne peut lui-mêmes créer les emplois nécessaires pour cette sorte de transition.

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