L’apport de nouvelle main-d’oeuvre ne sera pas suffisant pour assurer la croissance de nos entreprises

Le capital humain sera au coeur de notre prospérité collective, confirme un indice du cabinet-conseil PwC. Or, ce moteur économique est compromis par une grave pénurie de main-d’oeuvre qui touche la plupart des entreprises, surtout en région.

Le bureau montréalais de PwC publie une mise à jour de son indice, alors que le gouvernement libéral vient de dévoiler sa stratégie pour tenter de pallier la pénurie de main-d’oeuvre en faisant travailler davantage les personnes âgées et les immigrants. En entrevue, les représentants de PwC ont toutefois refusé de commenter cette stratégie.

Alain Robichaud, associé chez PwC, est l’instigateur de l’Indice de santé de l’économie du Québec. « Notre indice est unique », dit-il. Pour le concevoir, il a collaboré avec l’économiste François Delorme, de l’Université de Sherbrooke, de même qu’avec un panel de huit économistes experts. Selon lui, plusieurs indices mesurent la santé économique du Québec, mais ils ont souvent la caractéristique d’être à « trop courte vue et trop restrictive par rapport à l’économie ».

L’indice est composé de 26 variables qui sont regroupées en quatre blocs thématiques : la démographie industrielle, l’investissement, la croissance et le capital humain. Il est aussi à très long terme, car il couvre la période s’étendant de 1980 à 2016.  L’année 1980 représente l’année de référence, soit la base 100. Depuis 36 ans, l’indice s’est apprécié de 23,17 %, notamment en raison du capital humain.

À lui seul, le capital humain représente le tiers de la progression de l’indice économique de 1980 à 2016. « C’est sûr que l’éducation demeure un moteur économique au Québec », souligne Sonia Boisvert, associée chez PwC et leader de ce projet d’indice.  Trois variables contribuent à plus de 60 % du renforcement de la santé économique du Québec, dont le taux de diplomation postsecondaire (les deux autres sont les dépenses en R-D et le PIB/la population des 15 à 64 ans).

Pénurie de main d’oeuvre et productivité

Pierre Fortin, professeur émérite d’économie à l’ESG UQAM et l’un des économistes consultés par PwC, salue la nouvelle stratégie des libéraux pour compenser la pénurie de main-d’oeuvre en faisant davantage pour les personnes âgées et les immigrants. « La stratégie ressemble aux propositions que les entreprises ont faites au gouvernement depuis plusieurs années », dit M. Fortin.

Un nouvel apport en main-d’oeuvre est important, mais il ne sera pas suffisant pour renforcer le capital humain au Québec, estime PwC. Il faudra nécessairement que les entreprises québécoises augmentent leur productivité. Sur ce plan, bonne nouvelle : elles l’ont augmentée de 2,1 % en 2017, soit un degré plus élevé que l’Ontario, à 1,9 %, selon Statistique Canada.

Cela dit, à long terme (entre 1981 et 2016), la progression de la productivité au Québec traîne la patte par rapport à la moyenne canadienne et aux principaux pays industrialisés, selon le bilan 2017 du Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal. Ainsi, la productivité, au Québec, a progressé en moyenne de 0,9 % par année sur cette période, comparativement à 1,2 % au Canada, à 1,5 % aux États-Unis ou à 3,9 % en Irlande.

Selon M. Fortin, les entreprises doivent miser davantage sur l’expertise de leurs employés pour être plus efficaces. « La littérature économique mondiale montre qu’au sein des grandes entreprises, deux tiers des gains de productivité proviennent des idées proposées par leurs propres employés, dans les usines et dans les bureaux », dit-il.

Source : www.lesaffaires.com

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