Deux mythes sur l’automatisation des emplois

Dans la foulée des différentes études et des divers rapports sur l’automatisation qui peignent un portrait alarmiste et inquiétant de l’avenir du marché de l’emploi, un économiste de l’Université de Californie à Berkeley tente de dresser un portrait plus sobre de la réalité en adressant deux mythes sur l’automatisation des emplois.

D’abord, il y a le mythe voulant que plus d’emplois que jamais auparavant sont menacés et que la rapidité du changement s’accélère. Selon l’auteur, en réalité, la productivité globale des facteurs, qui est un indicateur du rythme du progrès technique, stagne depuis l’année 2005 dans les pays avancés.

De plus, le taux de changement de la structure d’emploi diminue depuis les années 1980. Cela met ainsi en doute la sévérité du rythme d’accélération des changements que plusieurs affirment.

Ensuite, l’auteur évalue le mythe selon lequel même les tâches qu’on croyait impossibles à automatiser, celles qui impliquent des attributs humains comme l’empathie, la compassion, l’intuition, les relations interpersonnelles et la communication, seraient dorénavant à risque.

Il est vrai que l’intelligence artificielle fait du progrès et qu’elle peut aujourd’hui anticiper nos habitudes d’achat, interpréter des radiographies et poser des diagnostics médicaux, communiquer vocalement avec les humains, etc.

Toutefois, pour l’auteur, le fait que ces progrès vont transformer les emplois ne signifie pas nécessairement que ces derniers sont menacés ou qu’ils seront remplacés.

Selon l’auteur, les progrès technologiques, sans forcément supprimer les emplois, vont certainement changer leur nature et modifier les tâches des employés. Cela signifie qu’il sera plus important que jamais pour les personnes de tout âge d’actualiser leurs compétences et de renouveler continuellement leur formation.

À ce titre, citant l’Allemagne en exemple, où les entreprises investissent dans la formation continue des employés, l’auteur suggère, dans le contexte américain, d’inciter les entreprises à investir dans la formation de leur main-d’œuvre au moyen d’un crédit d’impôt. Ces recommandations sont également applicables au Canada.

Source: Bulletin Vecteurs économie et innovation

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